Lab

Ce qui a changé dans l’IA agentique, expliqué sans jargon.

Cinq évolutions récentes, ce qu’elles signifient pour un aéroport qui doit prouver son travail, et ce que nous en faisons.

01 · Harnais

Le modèle n’est pas le produit. Le harnais, si.

De quoi il s’agit. Un modèle de langage seul répond à des questions. Un agent, c’est le modèle plus tout ce qui l’entoure : les outils qu’il peut appeler, les règles qui l’arrêtent, le budget qu’il peut dépenser, la mémoire qu’il conserve, les contrôles que sa production doit passer. Cette structure, c’est le harnais.

Pourquoi cela vous concerne. Deux équipes partant du même modèle obtiennent des agents très différents. Fiabilité, sécurité et coût viennent du harnais — et la responsabilité aussi. C’est également ce qui permet de remplacer le modèle quand un meilleur modèle est disponible, sans rien reconstruire.

Ce que nous faisons. Chaque agent Khelion tourne dans le même harnais : mandat appliqué par le code, budget par tâche, garde-fou anti-boucle, journal chaîné, tests sur les livrables. Ce que vous achetez, c’est le harnais ; le modèle n’en est qu’un composant.

02 · Équipe d’agents

Plusieurs agents spécialisés valent mieux qu’un seul qui fait tout.

De quoi il s’agit. Plutôt qu’un assistant à qui l’on demande un peu de tout, une équipe de petits agents, chacun avec un rôle précis, coordonnés par un autre agent qui répartit le travail, suit les dépendances et remonte les blocages. Ils se mettent au travail quand une tâche arrive — un fichier, une échéance, une demande — et non à heure fixe.

Pourquoi cela vous concerne. Des rôles précis sont plus simples à spécifier, à tester et à borner. Quand l’un se trompe, vous savez lequel, et pourquoi. Le résultat, ce sont des fichiers dans vos systèmes, que vos équipes ouvrent et corrigent.

Ce que nous faisons. De petites équipes sur six domaines aéroportuaires (piste, sûreté, bagages, passagers, sécurité, environnement), un coordinateur, et une place pour votre propre processus. Les livrables arrivent là où vos équipes travaillent déjà.

03 · Modèles et effort

Toutes les tâches ne méritent pas le modèle le plus puissant.

De quoi il s’agit. Les fournisseurs proposent désormais plusieurs tailles de modèles et, pour un même modèle, plusieurs niveaux d’« effort » — le temps de réflexion avant de répondre. Le contexte répété peut être mis en cache au lieu d’être facturé à chaque fois. Le coût devient une variable de conception, plutôt qu’une facture découverte après coup.

Pourquoi cela vous concerne. Une rédaction, un classement et une décision d’architecture n’exigent pas la même intelligence. Tout confier au modèle le plus puissant : c’est ainsi que les programmes d’agents deviennent chers et lents sans devenir meilleurs.

Ce que nous faisons. Chaque classe de tâche est confiée au plus petit modèle, avec le plus faible effort, qui passe le contrôle ; les modèles les plus puissants sont réservés aux décisions d’architecture et de gouvernance. Chaque exécution enregistre ce qu’elle a consommé : le choix se mesure, il ne se devine pas.

04 · Sécurité

Des limites appliquées par le code, pas par une consigne au modèle.

De quoi il s’agit. Un agent peut se laisser convaincre — par un document qu’il lit, un mail, une page web. C’est ce qu’on appelle l’injection de prompt. La réponse n’est pas un meilleur prompt, mais une structure dans laquelle le modèle ne peut pas exécuter ce que le mandat interdit, quoi qu’on lui ait dit.

Pourquoi cela vous concerne. Vos agents liront des contenus non fiables : mails de fournisseurs, PDF, tickets. La question d’un auditeur n’est pas « le modèle se comporte-t-il bien ? », mais « que se passe-t-il quand ce n’est pas le cas ? ».

Ce que nous faisons. Moindre privilège sur chaque connexion ; les secrets ne transitent jamais par un prompt ; écriture uniquement là où le mandat l’autorise ; le contenu lu par un agent est traité comme une donnée, jamais comme une instruction ; chaque refus et chaque arrêt est consigné. Traitement dans l’UE par défaut, ou dans votre environnement ; aucune donnée client ne sert à entraîner quoi que ce soit.

05 · Efficience

Le coût d’un agent : des jetons, multipliés par les tentatives, multipliés par les personnes qui revérifient.

De quoi il s’agit. Le coût visible d’un agent, c’est la facture du fournisseur de modèles. Le coût réel y ajoute les exécutions qui échouent et repartent, et les heures passées à vérifier un travail qui aurait dû être juste du premier coup.

Pourquoi cela vous concerne. Un agent qui produit des rapports que personne ne lit, ou dont il faut refaire la moitié du travail, est un coût, pas un actif — quelle qu’ait été la démonstration.

Ce que nous faisons. Un indicateur fixé avant le démarrage ; des livrables plutôt que des rapports ; un budget par tâche ; les exécutions qui échouent sont comptées et corrigées ; et une règle d’arrêt que nous nous appliquons d’abord à nous-mêmes. Notre propre exploitation tourne selon ces règles — c’est de là que viennent la plupart de ces leçons.